Les Belles Dames du temps jadis

Marie-Adélaïde de SAVOIE

Marie-Adélaïde de SAVOIE, fille aînée de VictoR-Amédée II, naquit à Turin en 1685. Par le traité de paix conclu dans cette ville en 1696, elle fut promise au duc de Bourgogne, père de Louis XV, depuis dauphin, après la mort de son père, le vieux dauphin. Ce mariage se célébra l'année d'après. La princesse était propre à faire le bonheur de son époux par son caractère, son esprit et sa beauté.  La France la perdit en 1712, dans la 26e année de son âge, tandis qu'elle lui annonçait les plus beaux jours. Je sens, disait-elle, quelque temps avant sa mort, que mon cœur grandit à mesure que ma fortune m'élève. Une maladie aiguë, attribuée au poison, l'emporta en peu de jours. "Le rapport de l'ouverture du corps, dit le duc de Saint-Simon, n'eut rien de consolant ; nulle cause naturelle de mort, mais d'autres, vers les parties intérieures de la tête, voisines de cet endroit fatal où elle avait tant souffert. Fagon et Boudin ne doutèrent pas du poison, et le dirent nettement au roi, en présence de madame de Maintenon seule. Boulduc et le peu des autres à qui le roi voulut parler, et qui avaient assisté à l'ouverture, le confirmèrent par leur morne silence." Le dauphin son époux et le duc de Bretagne son fils, ne tardèrent pas à la suivre. Le jour même que la dauphine mourut, le dauphin tomba malade ; et comme on s'entretenait auprès de son lit de la manière dont la princesse avait été traitée : "Soit que les médecins l'aient tuée, dit ce religieux prince, soit que Dieu l'ait appelée, il nous faut également adorer ce qu'il permet et ce qu'il ordonne." La jeune dauphine avait une conversation très spirituelle, qui égayait souvent Louis XIV, alors très difficile à distraire. Elle était admise aux secrets de la politique mais d'après plusieurs papiers, trouvés chez elle après sa mort qui précéda de six jours celle de son époux, elle se servait de ces secrets pour informer son père de toutes les décisions qui intéressaient sa politique… "La petite coquine nous trompait…" dit à cette occasion le roi à madame de Maintenon. Voyez sa vie à la suite de celle du dauphin, père de Louis XVI, par l'abbé Proyart. 



07/10/2011
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