Les Belles Dames du temps jadis

Fausta, Faustine et Guillemette

FAUSTA (Flavia Maximiana), fille de Maximilien Hercule, et femme de l’empereur Constantin. Dans les premiers temps de son mariage, elle fut un modèle de vertu ; mais la suite ne répondit pas à de si heureux commencements. Toutes les passions s’allumèrent tout à coup dans son cœur. Elle s’abandonna aux personnes les plus viles, jeta des regards incestueux sur Crispe, fils de Constantin, et ne put l’attendrir. Irritée de sa résistance, elle joignit la calomnie à l’inceste, et l’accusa auprès de l’empereur d’avoir voulu la violer. Elle fit mettre à mort, par cette imposture, celui qui avait refusé de se souiller d’un crime horrible. Constantin, instruit trop tard de ses débauches et de sa scélératesse, vengea la mort de son fils, et son propre honneur si cruellement outragé. Il la fit étouffer dans un bain chaud, l’an 327 de Jésus-Christ.

 

FAUSTINE (Annia Faustina), dite Faustine la Jeune, fille d’Antonin le Pieux et de Faustine, épousa l’empereur Marc-Aurèle. La nature lui avait accordé la beauté, l’esprit et les grâces ; elle abusa de ses dons. Du plaisir elle passa à la débauche, et de la débauche aux derniers excès de la lubricité. Le sénateur et le chevalier romain étaient confondus chez elle avec l’affranchi et le gladiateur. Pour mettre le comble à ces horreurs, elle s’abandonna à son gendre, et écouta sans rougir les reproches que lui en fit sa fille. Il ne lui resta aucune trace de pudeur. On assure que son mari, instruit de ses dérèglements, feignit de les ignorer ; qu’il alla même quelquefois jusqu’à récompenser ses amants ; et que lorsqu’on lui conseilla de la répudier, il répondit : « Il faudrait donc que je lui rendisse sa dot, » c’est-à-dire l’empire. Réponse peu assortie  aux brillantes idées que les auteurs, les modernes surtout, nous font concevoir de Marc-Aurèle. On ajoute que ce prince philosophe éleva aux grandes charges de l’empire ceux qui souillaient son lit, et que le peuple ne manquait pas d’en rire. Faustine, malgré ses débordements monstrueux, fut honorée dans les temples comme une divinité. On institua en son honneur les fêtes faustiniennes ; et des prêtres mercenaires firent fumer l’encens à l’autel de cette prostituée. Elle mourut l’an 175 au bourg de Halala, situé au pied du mont Taurus.

 

GUILLEMETTE ou GUILLEMINE de Bohème , fille fanatique du 13e siècle, qui se fit des sectateurs par son hypocrisie. Elle sût si bien se contrefaire qu’elle mourut en odeur de sainteté l’an 1281. Ses fourberies ayant été dévoilées après sa mort, on déterra son corps et on le brûla. Ses disciples soutenaient qu’elle était le Saint-Esprit incarné sous le sexe féminin, qu’elle était envoyée de Dieu pour racheter les péchés des hommes, et d’autres extravagances ridicules et sacrilèges. L’antre où cette nouvelle sibylle rendait ses oracles à Milan, était éclairé d’une seule lampe ; les hommes et les femmes qu’elle initiait à ses mystères assistaient chaque matin au service divin qu’elle y célébrait. Un boisseau tombait ensuite sur la lumière, et l’obscurité favorisait d’horribles orgies.

 

 

 



08/11/2010
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