Les Belles Dames du temps jadis

Catherine d'Aragon et Hipparchia

Catherine d’Aragon , fille de Ferdinand V, roi d’Aragon, et d’Isabelle, reine de Castille, épousa en 1501 Arthus, fils aîné de Henri VII dit le Salomon d’Angleterre. Ce prince étant mort cinq mois après cette union, le nouveau prince de Galles, connu depuis sous le nom de Henri VIII, s’unit à la veuve de son frère, avec une dispense de Jules II, accordée sur la supposition que le mariage n’avait pas été consommé. Son époux, après avoir vécu en bonne intelligence  avec elle, l’espace de 18 années, et animé, selon quelques historiens anglicans, par des scrupules de conscience,  ou selon d’autres, déterminé par sa passion pour Anne de Boleyn, demanda un divorce, prétextant l’invalidité du mariage. Cette affaire fut plaidée devant deux légats de la cour de Rome, qui travaillèrent inutilement à réconcilier les deux époux. Henri fit prononcer une sentence de répudiation ; le pape refusa de l’autoriser. Catherine ne voulut jamais consentir à la dissolution d’un mariage qui de sa nature ne pouvait l’être par aucune puissance spirituelle ou temporelle. Cette fermeté la fit éloigner de la cour pour toujours, en 1531. Il lui fut défendu de prendre , et à la nation de lui donner d’autre titre, que celui de princesse douairière de Galles. Le pape cassa la sentence de divorce, et ordonna à Henri de reprendre Catherine. Cette princesse n’en fut pas moins exilée à Kimbalton, où elle mourut en 1536. Quand elle se sentit près de la mort, elle écrivit à son mari, qui ne put refuser des larmes à sa lettre, et qui ordonna à sa maison de prendre le deuil. Des mœurs simples, le goût de la retraite, l’amour de l’ordre formaient le fond de son caractère. Les soins domestiques, la prière et le travail firent ses occupations. Sa raison et sa vertu ne firent aucune impression sur un prince qui n’écoutait plus que ses passions, et qui, en matière même de passions, n’avait rien de fixe ni de conséquent. L’abbé Legrand a publié l’Histoire du divorce de Henri VIII, Paris, 1688, 3 vol. in-12. On y trouve des pièces originales et curieuses sur toute cette affaire.

(ndlr : Elle l’a échappé belle car par la suite Henri VIII a fait décapiter Anne Boleyn, en 1536,  pour épouser Jeanne Seymour qui mourut 17 mois après en donnant le jour à un fils. Il épousa encore, en 1540, Anne de Clèves, et la répudia bientôt pour s’unir à Catherine Howard, qu’il fit décapiter au bout de 6 mois ; une sixième femme, Catherine Parr, faillit également périr).

 

Hipparchia, femme philosophe grecque du IVesiècle avant J.-C., née à Maronée, ville de Thrace, sous le règne d’Alexandre le Grand, d’une famille assez illustre, devint éprise de Cratès. Ce cynique dégoûtant lui plaisait ; elle l’épousa (leurs étranges noces, appelées par les anciens cynogamies, ont été le sujet d’un poème latin par Pierre Petit (Cynogamia, sive de Cratetis  et Hipparchioe amoribus ; Paris, 1667, in-8 et de deux romans : l’un anonyme, Argirappy (Ibid. 1748, in-12), l’autre de Wieland : Cratès et Hipparchie, traduit en français par Vanderbourg, (Ibid., 1818), 2 vol. in-18) prit l’habit des cyniques, et s’attacha tellement à lui, qu’elle le suivait partout, et n’avait point de honte, si l’on en croit les auteurs, de faire publiquement les actions sur lesquelles la pudeur met un voile. Mais ce qu’il y a de plus honteux et de plus criminel encore, c’est que ces turpitudes aient eu des apologistes et des poètes. Hipparchia avait fait des livres qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous ; et ce n’est sans doute pas une perte pour la décence, les mœurs et les droits de la bonne et saine raison. Suidas lui attribue divers écrits philosophiques qui étaient peut-être apocryphes et se sont perdus des Questions à Théodose, des hypothèses philosophiques.   

 



01/09/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour